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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 13:36

DU 25 MAI au 12 JUIN, les mercredi, samedi et dimanche

Théâtre // "L'homme qui plantait des arbres"

«L’homme qui plantait des arbres» est une nouvelle que Jean Giono a écrite en 1953 dans «le but [...] de faire aimer les arbres ou plus exactement faire aimer à planter des arbres».

Rapidement devenue manifeste mondial écologique, mais aussi humaniste et politique, elle raconte l’histoire d’un humble berger solitaire qui «avec une obstination dans la générosité la plus magnifique» plante jour après jour, graine après graine, des arbres. Dans les Alpes de Hautes Provences, inlassablement, dans une solitude totale, il a ainsi fait ressurgir en près de quarante ans une forêt immense qui a ressuscité toute une région en ruine et désertée.

Entre « l’homme qui plantait des arbres », ce paysan sans culture, berger solitaire, acharné, généreux, frugal, serein… et le public hasardeux de la Ferme du Bonheur de Roger des Prés qui restaurent quatre hectares souillés par presque deux siècles d’urbanisme brutal, c’est la même métaphore : la lutte à l’œuvre en chacun de nous pour affirmer une force de vie, de proposition, d’invention à agir sans relâche.

Depuis quelques décennies où la conscience écologique s’alarme de plus en plus violemment, cette histoire inventée par Jean Giono retentit à nouveau, réaffirme un message d’espoir. Si elle est imaginaire, on sait pour autant que nous sommes de plus en plus nombreux à œuvrer pour inventer un autre modèle de société, en groupe, collectifs, communautés... ou seul, comme par exemple Sebastiao Salgado, le célèbre photographe et sa femme qui ont ressuscité le domaine agricole familial détruit par le diktat agro-industriel de la génération précédente, ou encore comme Jadav Payeng, qui dès son adolescence et pendant une trentaine d’années a fait d’un ban de sable sempiternellement sapé par les crues du fleuve Brahmapoutre en Inde, une réserve qui défie l’entendement...

Dans sa mesure propre, la Ferme du Bonheur tente sa part... au cœur d’un territoire des plus brutaux de la métropole parisienne, à l’ombre du quartier d’affaires de La Défense. Sur quelques quatre hectares, en attente de «promotion» immobilière, Roger des Prés, fondateur, accueille depuis vingt quatre ans tout ceux qui n’auraient jamais dû se rencontrer : artistes sans nom, paysans d’opérette, gens de la marge et du sommet, militants sans église, moutons noirs et jeunes loups... et avec eux invente de la culture dans le sens le plus terrestre et immatériel. C’est la Fabrique du Pré, comme l’imagine Francis Ponge.

«Parfois (je pourrais dire aussi bien par endroits), parfois notre nature (entendez aussi bien la nature sur notre planète et ce que chaque jour à notre réveil nous sommes), parfois notre nature dans le même instant et le même lieu nous dispose et propose, nous incite et invite à un pré.
La parole aussitôt s’enfle dans notre gorge : nous nous croyons au Paradis».

Plus concrètement, le PRÉ de la Ferme du Bonheur c’est le Parc Rural Expérimental.

D’abord la Ferme du Bonheur, une friche urbaine issue de la démolition d’une école du début du XXème siècle où désormais, autour d’un théâtre de tôles, de bâches, de poteaux télégraphiques -le favela théâtre- et d’une salle-parquet de bal forain, s’ordonnent écuries, bergeries, basse-cour, jardins, verger, vigne, potager, ateliers et caravanes.

Ensuite le Champ de la Garde, à 5 minutes à pieds et à moutons de la Ferme, la dernière friche sauvage et libre de la ZAC qui vient prolonger le fameux Axe historique depuis les Tuileries jusqu’à… l’infini… Quatre hectares sur lesquels, le 28 décembre 2008 (au lendemain de la destruction de la parcelle voisine où l’on trouvait -entre autres- «la goutte de sang», un joli petit papillon rouge et noir qui disparaît d’Europe), nous décidions avec le public présent de «prendre autorité (pas le pouvoir mais la responsabilité) commune, spontanée, précaire, aléatoire... libre.» Dès lors, d’abord un dimanche par mois puis rapidement tous les dimanches et enfin tous les jours, nous nettoyons, dépolluons, amendons, enrichissons, semons, plantons, aménageons... À LA MAIN, créons un véritable paysage rural, au sens le plus pittoresque -avouons le- du terme, inspirés de tous les paysages du monde et des temps... comme les Alpes de Hautes Provence…

C’est donc en marchant sur ce territoire que Roger des Prés raconte «l’homme qui plantait des arbres», avec l’aide de Jaki, ex-SDF hébergé chez nous depuis huit ans, devenu berger de la Ferme du Bonheur, nos moutons et Dakodak, la chienne Border Collie. Tour à tour au cœur du vertigineux chantier urbain «désolation sans exemple, terre sans abri...», dans les jardins de l’Université voisine de la Ferme «où l’on rencontre des hommes et des femmes bien nourries, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes», au Champ de la Garde où «le spectacle est impressionnant», dans le favela-theâtre de la Ferme où le berger « [vous fait] partager sa soupe», vous vous promènerez d’une station à l’autre, écouterez les mots de Giono, laisserez votre esprit vagabonder, « prendrez rendez-vous avec vous-même, chacun, dans la persévérance de votre désir, son activation, au-delà des limites et du raisonnable, sa force d’écriture du réel, de création et de transformation… de nos mains, de nos vies, de notre monde ».

DATES et HORAIRES DES REPRESENTATIONS :
Mercredi 25 mai : 20h26
Samedi 28 mai : 20h30
Dimanche 29 mai : 20h31
Mercredi 1er juin : 20h34
Et dans le cadre de l’opération nationale « Le RDV aux Jardins », Giono en final d’un week-end complet de 1001 activités agro-poétiques sur les terres de la Ferme du Bonheur, « La Fabrique du P.R.É » : Samedi 4 juin : 20h36 / Dimanche 5 juin : 20h37
Mercredi 8 juin : 20h40
Samedi 11juin : 20h42
Dimanche 12 juin : 20h42

Réservation : 01 47 24 51 24
Tarifs : 15€ /12€ / groupe nous consulter

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Published by La Ferme du Bonheur
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  • : La Ferme du Bonheur est une cellule de recherche et de réflexion sur l’Homme et la Terre qui utilise la culture sous toutes ses formes (théâtre, musique, danse, arts plastiques, cinéma…) mais aussi l’action sociale et la pédagogie…ou encore l’urbanisme, l’architecture, l’environnement, l’agriculture, l’écologie…
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La culture, mot et concept est d’origine romaine. Le mot "culture" dérive de « colere » - cultiver, demeurer, prendre soin, entretenir préserver - et renvoie primitivement au commerce de l’homme avec la nature en vue de la rendre propre à l’habitation humaine. En tant que tel, il indique une attitude de tendre souci, et se tient en contraste marqué avec tous les efforts pour soumettre la nature à la domination de l’homme.

Hannah Arendt, La crise de la culture.