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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 14:21

Affiche-COC-avril-juillet-2013.jpg

 

Voilà quatre ans que je travaille avec Abdel, Dorothée, Etienne, Guy et Michel. Voilà quatre ans que Roger suit mes pas avec intérêt et curiosité.

Des prémisses à la boutique solidarité de Gagny-Fondation Abbé Pierre de Gagny à ces derniers jours de répétitions à La Ferme du Bonheur, beaucoup de choses ont donc changé. Nos vies ont changé. Le monde et la France aussi ont changé. Pour cette dernière, pas forcément pour le mieux. En jouant à l’apprenti sorcier, un magicien vulgaire a cassé quelque chose et libéré des démons. Nous vivons désormais dans la crainte du monde, alors que nous devrions nous entraider pour croire en son avenir.  Notre présent est un flot continu pourri par nos nécroses.

Malgré cela, nous avons vu la beauté arriver sur notre chemin, de jeunes camarades de jeu à l’enthousiasme frondeur nous ont rejoints.  Notre troupe s’est muée en famille. Nous voilà réunis dans une grange à théâtre, faisant spectacle comme nous le pouvons, comme nous le voulons, avec ce que nous glanons. C’est de bric et de broc, c’est comme ça, c’est ce que nous sommes.

C’est dans cette atmosphère paradoxale que s’est ainsi fait …hic sunt leones, un délire pétri de nos peurs et de notre fascination pour ce qu’il peut y avoir d’intolérant, de brutal, de mortifère en nous ; un récit éclaté empruntant à La Ferme du Bonheur beaucoup plus qu’un simple espace, des bouts de bois et des fils électriques ; une méchante farce boiteuse, complexe, parfois agressive, souvent pleine d’amour : un animal difficilement apprivoisable, mais moins terrible qu’il n’en a l’air.

Alors que tout tend à une sorte de concrétion généralisée, jouer ce spectacle ici  est une évidence : ce lieu-refuge multiplie et génère l’air de rien les preuves tangibles d’une résistance possible et accessible à tous.

Adèle, Guillermina, Jack, Juliette, Louise accompagnent désormais Abdel, Dorothée, Etienne, Guy et Michel, mes héros, eux qui, du fait de leur position sociale, ont pris les coups en premier et peuvent témoigner de la dureté des coups par leurs corps, leurs voix, leurs regards. Ils sont là devant vous, debout et ils vous regardent.

 

***

« Vous êtes sages, nous sommes le chaos.

Vous êtes rangés, nous sommes dérangés.

Vous êtes l’habitude, nous sommes l’imprudence. » 

 

Des cagoules, des cassettes, des drones, des voix de synthèse, des corps usés, des corps neufs, des grimaces, et des armes grotesques. Le réel te dégoûte ? Brûle-le ! Ce monde n’est pas le tien.

 

Après six mois de résidence d’écriture à La Ferme du Bonheur, Pierre-Vincent Chapus et la compagnie C.O.C. ont la joie de pouvoir y présenter ...hic sunt leones, leur nouvelle création. Fruit de cette expérience heureuse passée dans ce lieu refuge à la beauté hors-normes, ce spectacle organise la rencontre entre personnes familières de la Boutique solidarité - Fondation Abbé Pierre de Gagny et de jeunes acteurs professionnels.

 

...hic sunt leones, ici il y a des lions ! Cette sentence latine était utilisée par les géographes au Moyen-âge quand ceux-ci, incapables de dessiner les contours d’un monde, masquaient les bornes de leur connaissance par cette mise en garde. Gare à celui qui va vers l’inexploré, il sera dévoré ! ...hic sunt leones est une méchante farce où se juxtaposent le parcours d’un groupe de "hardcore" et la correspondance entre un père ermite et sa fille. Entre chiens et loups, tout progresse par fragments, par chocs. L'interrogation "quel monde allons-nous laisser à nos enfants ?" est renversée : "à quels enfants laissons-nous ce monde" ?

 

PREMIERE LE SAMEDI 27 AVRIL  A 20H !!!


***

...hic sunt leones

Compagnie C.O.C.
Avec : Juliette Allemand, Abdellatif Aït El Kourd, Louise Blachère, Adèle Bossard-Gianessini, Guillermina Celedon, Guy Gallet, Etienne N'Simba, Michel Poirier, Jack Vincent, Dorothée Mabika Wa Beya

Un spectacle de Pierre-Vincent Chapus

Collaboration artistique et environnement sonore : Jérôme Baillet

Lumière : Fantôme

***

Représentations à la Ferme du Bonheur à 20h :
27 et 28 avril
2, 3, 4, 5, 8, 9, 10, 11, 12, 16, 17, 18, 19 mai

Représentations au Champ de la Garde sur le P.R.É à 20h :
6, 7, 8, 9, 19, 20, 21, 22, 23, 26, 27, 28, 29, 30 juin
3, 4, et 5 juillet

***

11€ plein tarif / 7€ pour les adhérents / 5€ tarifs réduits

Réservations : contact@lafermedubonheur.fr ou 01 47 24 51 24

 

 

*** 

En RER, c’est mieux, d’autant plus avec le dézonage !!!

RER A direction St Germain en Laye, Arrêt Nanterre Université sortie 1. Traversez la Fac. Longez la palissade des poètes avec des cirques derrière, des vignes devant. Soudain ! 2 pianos s’enfoncent dans la terre. Passez entre ! Porte en bois, cloche en bronze.

En voiture, tant pis pour vous !

Porte Maillot, direction La Défense, puis A14 Poissy Rouen. Prendre ensuite l’A86 direction St Germain en Laye. Prendre la 1ère sortie n°36 (Nanterre centre). Au feu à gauche, encore au feu à gauche. Environ 2,5 Km plus tard, à droite : Nanterre Université. Entrez, garez-vous. Palissade, porte en bois, cloche en bronze…

***

La Ferme du Bonheur

220 avenue de la République 92000 Nanterre

01 47 24 51 24

contact@lafermedubonheur.fr

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Published by La Ferme du Bonheur - dans Théâtre(s)
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  • : La Ferme du Bonheur est une cellule de recherche et de réflexion sur l’Homme et la Terre qui utilise la culture sous toutes ses formes (théâtre, musique, danse, arts plastiques, cinéma…) mais aussi l’action sociale et la pédagogie…ou encore l’urbanisme, l’architecture, l’environnement, l’agriculture, l’écologie…
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La culture, mot et concept est d’origine romaine. Le mot "culture" dérive de « colere » - cultiver, demeurer, prendre soin, entretenir préserver - et renvoie primitivement au commerce de l’homme avec la nature en vue de la rendre propre à l’habitation humaine. En tant que tel, il indique une attitude de tendre souci, et se tient en contraste marqué avec tous les efforts pour soumettre la nature à la domination de l’homme.

Hannah Arendt, La crise de la culture.