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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 11:40

Affiche-facebook

 

Il y a quelques mois, le comité français de soutien au peuple Kichwa de Sarayaku, Indiens d'Amazonie équatoriale, est venu me demander de louer la Ferme du Bonheur pour organiser des événements artistiques dans le cadre d'une vaste opération internationale dudit soutien. Me renseignant, j'apprends que le territoire Kichwa, outre des immenses arbres d'une dernière forêt primaire pillée comme on le sait pour nos occidentaux meubles high-tech, a du pétrole sous terre !!! C'est mal barré pour eux... Mais c'est mal barré pour beaucoup... et même pour nous ! Même occidentaux ! On ne peut pas dire que l'époque transpire de... Bonheur, isn't it ?!

Et bien, si ! Les Indiens résistent, de plus en plus, et nous sommes de plus en plus à comprendre que cette cause-là, elle aussi, participe d'un mouvement global, composé de myriades de micro-résistances partout au monde, un mouvement qui nous fait croire en l'avenir, celui de nos enfants, évidemment pas aussi médiatisé que l'affaire Woerth-Bettencourt, l'affaire de Karachi, les assassinats de Khadirov, etc. Avant d'être résistances, d'ailleurs, il s'agit d'actes, d'actions, je veux dire de création, de construction, de richesse au sens de bien commun, pas... d'actions en bourse !!! Et nos amis Kichwa, quasi à poil depuis quelque nuit des temps, se voient obligés de délimiter (négocier?) leur territoire, quand ils l'ont cru infini. Alors ils créent dans cette forêt originelle, ce qu'ils appellent "une frontière de vie", un maillage de clairières qu'ils bordent en plantant des arbres fruitiers, médicinaux, à fleurs... remarquables, comme on dit. (plus d'infos sur www.frontieredevie.org)

 

Et, en apprenant ça, j'ai le déclic : ce que la Ferme du Bonheur fait au Champ de la Garde sur le P.R.É est... parfaitement identique : affirmer, face au quartier de la Défense, que l'urbanisme n'est pas l'immobilier mais l'urbanité, qu'avec -excessivement!- peu d'argent, on crée des richesses inouïes: des fruits, des légumes, des herbes, des céréales... certes, mais aussi un paysage, une activité sociale... fraternelle.

Bref, mon comité de soutien Kichwa a les yeux qui brillent, et quand je les emmène au Champ de la Garde, c'est la révélation : nous allons planter des arbres, créer, entre la Grande Arche et la Maison d'Arrêt, une des clairières de "la frontière de vie".

               Et c'est dimanche prochain, le 21 novembre, toute la journée !

 


On fait le thé, le café, le goûter et vous amenez votre pic-nic pour aller avec notre soupe le midi, il y aura la grande tente pour s'abriter si il pleut et nous allons planter... un quetschier, deux pommiers, un bigarreau, un pêcher de vigne, un poirier, un mirabelle, un brugnon, plusieurs ostria, des celtis, des davidia, des taxodium, un grand cèdre bleu de la Reine d'Angleterre...
une bonne cinquantaine d'arbres... a priori, parce que si vous en avez qui s'ennuient ou déperrissent sur votre balcon, amenez-les !

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Published by La Ferme du Bonheur - dans P.R.É
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La culture, mot et concept est d’origine romaine. Le mot "culture" dérive de « colere » - cultiver, demeurer, prendre soin, entretenir préserver - et renvoie primitivement au commerce de l’homme avec la nature en vue de la rendre propre à l’habitation humaine. En tant que tel, il indique une attitude de tendre souci, et se tient en contraste marqué avec tous les efforts pour soumettre la nature à la domination de l’homme.

Hannah Arendt, La crise de la culture.